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Samaipata : si pres de la jungle... - Mercredi 20 Aout

 

Lorsque j’étais au Liban avec Romain (mon frère), David (un cousin) et Olivier (un ami), nous avions traversé la frontière Syro-libanaise en ayant conscience de faire de la contrebande de T-Shirt, c’était notre seule solution pour rentrer au Liban. Yoann trouve que cette histoire est insensé, il n’a jamais compris pourquoi nous avions pris autant de risque. Hé bien aujourd’hui, Yoann va prendre conscience que parfois en voyage, les circonstances sont telles que nous n’avons PAS LE CHOIX ! Nous quittons notre chambre à cafards vers 8h du Matin. La recherche d’agences de voyage ouvertes à cette heure n’est pas très fructueuse. Les agences ouvrent à 9 heures mais le dernier bus pour Samaipata (l’entrée dans la jungle) est également à 9h. D’après un anglais rencontré hier, il y aurait des agences sur place…nous prenons donc un taxi direction la gare des bus. Mauvaise nouvelle : les bus ne partent pas aujourd’hui pour Samaipata. Décidément, nous sommes maudits ? Pas tout à fait ! Trois Boliviens de notre âge souhaitent également se rendre en direction de Samaipata. Ils ont déjà contacté un de leur ami chauffeur de taxi. Le tarif est fixé à 3 euros chacun et ils nous proposent de monter avec eux. La distance entre Santa Cruz et Samaipata est de 120 km, le prix semble donc raisonnable, nous acceptons sans hésiter. Les premiers kilomètres sont l’occasion de faire plus ample connaissance. Nous sommes avec deux profs (un d’histoire et un de math) et un étudiant en communication. La discussion est animée sur des sujets différents : éducation, politique, jungle…Au bout de 20 kilomètre, un blocus n’a pas été relevé, des militants son présents pour le tenir. La route est impraticable. Nous comprenons pourquoi les bus ne partaient pas de Santa-Cruz ! Les garçons ont l’air décide à passer, cela nous arrange ! ils prennent donc un petit chemin en terre qui se transforme vite en sable. Puis nous voilà face à un fleuve, heureusement, il est nettement asséché mais il faut le traverser quand même. Nous sortons de la voiture, enlevons nos chaussures et traversons les 20 centimètres d’eau qui coule. La voiture passe également sans problème. Nous voici dans le lit du fleuve sur du sable. Mais nous ne savons pas si il y a une issue, à chaque camion que l’on croise (car il y a un chantier), les gars demandent s'il existe une  sortie…les réponses ne sont jamais claires. Tous les 20 mètres, la voiture s’embourbe et nous sommes obligés de pousser, plus elle avance et plus elle s’embourbe. En résumé, nous sommes au milieu d’un fleuve quasiment immobilisés sans savoir s’il existe une sortie ! Ce qui est rassurant, c’est que d’autres automobilistes tentent l’aventure, sans plus de réussite pour l’instant. On pousse, on remonte dans la voiture, on pousse, on remonte dans la voiture…Les gars discutent avec des allemands qui ont un 4x4, ils cherchent une sortie désepérement ..les gars (les boliviens de notre taxi) leurs promettent de trouver une sortie s'ils nous remorquent. Ils acceptent et attachent une corde entre les deux voitures.

Les gars discutent également avec d’autres automobilistes et finissent par avoir des informations sur une sortie probable. Les Allemands nous remorquent jusqu’à cette sortie et là : DELIVRANCE ! Nous voici sur la route de l’autre côté du barrage : Chapeau les gars ! Nous remercions les Allemands, détachons la corde et repartons pour notre destination prévue : Samaipata. La route est encore longue mais les sujets de conversation de manquent pas, il est très formateur de discuter longuement avec nos homologues boliviens. A un moment, ils s’arrêtent dans un village au milieu de Rien, un village très pauvre …ou les touristes sont inexistants ! « si vous voulez manger, vous pouvez acheter ce qu’il faut ici ». La proposition tombe bien, nous commencions a avoir sérieusement faim, une fois quelques cochonneries achetées, nous les rejoignons, ils sont chez le vendeur de feuilles de coca. A ce moment précis, nous constatons clairement qu’ils n’achètent pas simplement des feuilles de coca mais aussi de la COCAINE par paquets entiers…Que faire ? Nous voici au milieu de rien, notre seul moyen de partir est de reprendre le Taxi avec des Dealers ! Si nous sommes arrêtés par la police, nous risquons de rester un long moment en Bolivie. Mais nous n’avons PAS LE CHOIX. Leur vice n’enlève rien à leur sympathie. Tout le long du chemin, nous fermons les yeux sur ce que nous avons vu tout en espérant que cela n’engendrera pas de problèmes ! Le long du trajet, nous continuons à blaguer sur tout …mais un contrôle de police (fixe) nous arrête net. Heureusement, les policiers boliviens sont assez feignants, ils ne sortent pas de leur guérite, le chauffeur de taxi sort de la voiture présenter son permis, puis les policiers nous laisse passer: OUF ! Le trajet peut continuer. A 1 km de Samaipata, nouveau coup de théâtre, les guides des agences de voyages font grève et bloquent également la route .

Cette fois, le voyage s’arrête là pour nous et pour les autres qui souhaitent aller plus loin. Ils sont obligés de passer le blocage à pied et de prendre un autre taxi de l’autre côté !Nous échangeons nos adresses mail avec les dealers sympathiques et nous nous quittons comme si de rien n’était. Nous souhaitions aller dans la jungle mais les guides font grève et bloquent la route de l’entrée du parc qui est à 16 KM …cette fois la jungle est VRAIMENT compromise. Nous sommes obligés d’abandonner l’idée de voir cette faune et cette flore extraordinaire...snif ! Mais c’est quoi ce pays ou tout est bloqué ! Pour réfléchir, nous buvons un coup dans le magnifique village de Samaipata. Nous n’avons pas tout perdu, ce petit village perché à 1700 m d’altitude est réellement agréable. La flore environnante s’apparente un minimum à la jungle…nous n’en sommes pas si loin. Apres lecture du guide du routard, nous découvrons que des ruines pré-incas classées au patrimoine mondial de par l’UNESCO sont à 9 km du village ! Nous faisons quelques provisions à la supérette du village avec l’intention de camper aux abords de ce site afin de le visiter demain matin. Nous repassons le blocage à pied avec nos gros sacs, les guides nous offrent un verre de vin, ils nous conseillent sur notre itinéraire et surtout nous indiquent une aire de campement ! Cool ! 6 km de montée plus loin tout en sueur, le soleil commence à se coucher, nous atteignons l’endroit prévu. L’endroit rêvé pour faire du camping : en pleine montagne au bord d’une rivière par une température très agréable. Je monte la tente puis nous récupérons du bois afin de se faire un bon petit feu.

Nous allumons même un bon gros feu ou nous grillons nos saucisses en buvant quelques bières : Le rêve ! Une bonne petite soirée ma foi. Après les émotions de la journée nous avons bien mérité un réconfort comme celui ci.


Publié à 02:28, le 20/08/2008, Samaipata
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